Bouddhisme

Une voie vers le bonheur

bouddhisme

Bouddhisme: philosophie ou religion?

Un peu de tout sur le Bouddhisme d'un peu partout!!!

Bouddhisme

Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Sangha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).

Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha, « éveillé », participe passé passif de racine sanskrite budh-, « s'éveiller ») , désigne une personne ayant réalisé l'éveil, ayant atteint le nirvana, l'autre rive, notamment de par sa sagesse.

Plusieurs types de Bouddhas sont distingués et plusieurs Bouddhas sont décrits ; le plus connu demeure le fondateur du bouddhisme, Siddharta Gautama, considéré comme un Bouddha pur et parfait.

À l'origine, le bouddhisme n'est pas une philosophie, mais une « leçon de choses » (Dhamma en pali, Dharma en sanskrit), l'enseignement de la réalité, un exposé des faits, de la souffrance, de son origine et de sa cessation pour finalement atteindre le nirvana. Il devient par la suite une philosophie et dans certaines écoles une religion, considérée aujourd'hui comme une « science de l'esprit », inspirée par les enseignements de celui que l'on nomme le « Bouddha historique ».

Le Dharma, ou les préceptes fondamentaux de l'enseignement du Bouddha

Les quatre nobles vérités

Les quatre nobles vérités (skt. catvaryaryasatyani , pal. cattari ariyasaccani, tib. sdug bsngal gyi bden pa) :

  1. La vérité de la souffrance : toute vie implique la souffrance, l'insatisfaction ;
  2. la vérité de l'origine de la souffrance : elle repose dans le désir, les attachements ;
  3. la vérité de la cessation de la souffrance : la fin de la souffrance est possible ;
  4. la vérité du chemin : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le noble sentier octuple.

Les trois caractéristiques de l'existence

« Tout phénomène conditionné est insatisfaisant, tout phénomène conditionné est éphémère et toute chose est sans soi. »

  • Le non-soi ( skt. Anatman pal. anatta), ou interdépendance ou encore impersonnalité : de l'atome à l'univers - en passant par les êtres humains et leurs états d'esprit - il n'y a rien qui ait une existence indépendante et réelle par lui même.
  • L'impermanence (skt.anitya pal. anicca) : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n'est figé une fois pour toutes.
  • La souffrance (skt. et pal. dukkha), ou insatisfaction : ce n'est pas que la souffrance physique ; du fait de l'impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.

Ces trois caractéristiques de l'existence conditionnée sont universelles, et connues une fois développée la vision directe de la réalité (pal. vipassana). Pour ce faire, il faut suivre un entraînement au développement de notre vigilance (pal. satipatthana). L'être humain n'est donc pas une chose en soi, une entité indestructible contenant une étincelle divine (malgré l'illusion qu'ils en ont), mais la composition impermanente des cinq agrégats que sont la forme (ou corporéité), les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience.

Les trois racines du mal, ou « trois poisons »

Les trois poisons de l'esprit peuvent être dénommés ainsi :

  • Avidité,
  • Colère,
  • Ignorance ou Indifférence (selon la traduction).

Les voiles de l'esprit comportent par exemple :

  • Ignorance, illusion (avidyâ) au sujet des trois caractéristiques de l'existence ;
  • Désir, avidité, convoitise, attachement (trishnâ) ;
  • Haine, aversion.

Le Bouddha estimait que les causes de la souffrance humaine proviennent de l'incapacité à percevoir correctement la réalité. Cette ignorance (qui, aussi curieux que cela puisse paraître, est une émotion, un facteur mental perturbateur) et les illusions qu'elle provoque conduisent à l'avidité des hommes, à leur désir de posséder davantage que les autres, à l'attachement et à la haine éprouvés pour des personnes ou pour des choses.

Sa philosophie est telle que : la souffrance nait du désir ou de l'envie. En les supprimant tous les deux il a réussi à atteindre le nirvana : l'envie engendre le désir. Le désir, si non perçu, engendre la tristesse, la frustration et la colère.

Les renaissances

À cause des trois poisons d'une part, et de la coproduction conditionnée de l'autre, les hommes sont amenés à renaître dans le Samsara (le cycle des renaissances). Le "monde" (Loka) dans lequel ils renaîtront dépendra de leur karma, c'est-à-dire de leurs actions. Cette renaissance ne fait donc que prolonger indéfiniment la souffrance (« n'en avez-vous pas assez de gorger les cimetières ? » dit un texte). À noter que conformément au non-soi, ce n'est ni le même, ni un autre qui renaît (ce n'est pas, comme dans d'autres religions, une âme immortelle qui se « réincarne »). Le Bouddha propose de se réveiller de ce cauchemar, de chasser les nuages de la confusion et de l'illusion pour être illuminé par la réalité. Ainsi, la souffrance et le cycle karmique seront brisés. Il définit le but ultime de son enseignement comme étant « la délivrance », le « dénouement », « la libération de la souffrance » ou nirvava.

Le noble sentier octuple

 

 


 

 

Le noble sentier octuple est la pratique de la discipline, de la concentration et de la sagesse. Ses huit membres sont :

  1. Compréhension juste
  2. Pensée juste
  3. Parole juste
  4. Action juste
  5. Mode de vie juste
  6. Effort juste
  7. Attention juste
  8. Concentration juste

L'éthique bouddhique et les préceptes

Dans le bouddhisme, l’éthique est basée sur le fait que les actions du corps, de la parole et de l’esprit ont des conséquences pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure, les autres comme notre environnement. Il y a deux sortes d’actions, les actions kusala (mot pali signifiant sain, habile, favorable, positif) et les actions akusala (malsain, malhabile, défavorable, négatif).

Les actions malhabiles sont celles qui prennent leurs racines dans les trois poisons de base: l’avidité, l’aversion et la confusion mentale ou l’ignorance. Elles tendent à avoir des conséquences mauvaises pour nous ou pour les autres. Les actions habiles sont celles qui sont exemptes d’avidité, de haine et de confusion mentale et qui, au lieu de cela, sont motivées par la générosité, par l’amour et la compassion et par la compréhension. Elles tendent à avoir des conséquences positives pour nous ou pour les autres. Dans le bouddhisme, une action n’est donc ni bien ni mal en elle-même, mais est favorable ou défavorable selon la motivation et l’état d’esprit qui la sous-tend.

L’éthique bouddhique nous invite donc à prendre conscience des états d’esprit dans lesquels nous nous trouvons et à partir desquels nous agissons, parlons ou pensons et à être responsable tant de ces états d’esprit que des conséquences de nos actions.

Ces principes sont déclinés dans des préceptes, qui ne sont pas des règles d'interdits, mais des guides de comportement éthique face auxquels nous pouvons nous mesurer et progresser. Ils peuvent aussi être vus comme le mode de fonctionnement naturel d'une personne éveillée.

"Quel que soit le mal qu'un ennemi fasse à un ennemi ou un haineux à un haineux,
Un cœur mal dirigé fait un mal encore plus grand."

(Dhammapada, « Cittavaggo tatiyo » [Versets sur le cœur], verset 42)

Les 5 préceptes

Les préceptes les plus fréquemment suivis sont les cinq préceptes, généralement présentés sous une forme négative :

  • S'efforcer de ne pas nuire aux êtres vivants ni retirer la vie,
  • S'efforcer de ne pas prendre ce qui n'est pas donné,
  • S'efforcer de ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte ? plus généralement garder la maîtrise des sens (le mental faisant aussi partie des sens),
  • S'efforcer de ne pas user de paroles fausses ou mensongères,
  • S'efforcer de ne pas ingérer tout produit intoxicant diminuant la maîtrise de soi et la prise de conscience (alcool, drogues, tabac).

Ils ont aussi une forme positive, très utile, ici à la première personne :

  • Avec des actions bienveillantes, je purifie mon corps,
  • Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps,
  • Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps,
  • Avec une communication véritable, je purifie ma parole,
  • Avec une attention claire et radieuse, je purifie mon esprit.

Les 10 préceptes

On utilise parfois une distinction en 10 préceptes, que l'on peut considérer comme correspondant à un raffinement, une sorte de prolongement des 5 préceptes ci-dessus. Ces dix préceptes se retrouvent dans plusieurs textes canoniques (par exemple le Kutadana Sutta, dans le Digha-Nikaya).

Les 10 préceptes sont :

  • S'efforcer de ne pas nuire aux êtres vivants ni retirer la vie,
  • S'efforcer de ne pas prendre ce qui n'est pas donné,
  • S'efforcer de ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte ? plus généralement garder la maîtrise des sens,
  • S'efforcer de ne pas user de paroles fausses ou mensongères,
  • S'efforcer de s'abstenir de paroles dures,
  • S'efforcer de s'abstenir de paroles inutiles,
  • S'efforcer de s'abstenir de paroles calomnieuses,
  • S'efforcer de s’abstenir d’animosité,
  • S'efforcer de s'abstenir de vues fausses.

Sous leur forme positive, ce sont :

  • Avec des actions bienveillantes, je purifie mon corps,
  • Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps,
  • Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps,
  • Avec une communication véritable, je purifie ma parole,
  • Avec des paroles salutaires et harmonieuses, je purifie ma parole,
  • Avec des mots bienveillants et gracieux, je purifie ma parole,
  • Abandonnant la convoitise pour la tranquillité, je purifie mon esprit,
  • Changeant la haine en compassion, je purifie mon esprit,
  • Transformant l’ignorance en sagesse, je purifie mon esprit.

(Dans cette formulation positive, les 6ème et 7ème préceptes "négatifs" sont regroupés en un seul).

Interprétation des préceptes

On l'a vu, ces préceptes ne sont pas des règles absolues, mais des guides de comportement éthique. L'application de certains d'entre eux varie selon les personnes, bien entendu, mais aussi selon les traditions. Si l'on considère la première liste de 5 préceptes, c'est en particulier le cas :

  • Du premier précepte. Pour certains, ce précepte (qu'on le prenne dans sa formulation positive ou sa formulation négative) implique de façon certaine le végétarisme, pour d'autres non. Il est à noter que dans leur contrée, les Tibétains ne le pratiquaient pas : ceci est probablement dû au fait que l'élevage était une source de mise en valeur de terres difficiles à cultiver. Cependant, un certain nombre de ceux qui de nos jours pratiquent le bouddhisme tibétain en Occident sont végétariens.
  • Du cinquième précepte. Pour certains, ce précepte, en particulier si on le considère dans sa forme positive d'attention et de prise de conscience, implique l'abstention totale de boissons alcoolisées, de drogues, de tabac, qui tous diminuent la prise de conscience et développent l'avidité ou l'attachement. Pour d'autres, qui s'attachent sans doute plus à la lettre qu'à l'esprit du précepte (ou pour des traditions qui au fil des siècles se sont éloignés de l'esprit pour s'attacher à la lettre du précepte), l'ingestion d'une petite quantité d'alcool est possible, tout comme la consommation de cigarettes ; ainsi par exemple, ces dernières font fréquemment partie des offrandes données aux moines à Sri Lanka.

Les quatre incommensurables

Les quatre brahma-viharas, ou demeures de Brahma (Brahma n'étant pas ici le dieu de l'hindouisme, mais un synonyme de noble, de supérieur) sont aussi appelés les quatre incommensurables ou illimités, car ils peuvent être développés indéfiniment. Autre interprétation : cultivées sans l'intention de mener tous les êtres à la libération ultime, ces quatre pensées conduisent à une renaissance dans le monde céleste de Brahma ; développées avec cette intention, les quatre deviennent incommensurables et conduisent à l'Eveil parfait.

Ce sont des émotions positives extrêmement puissantes, développées par des pratiques appropriées. Il s'agit de :

  • La bienveillance universelle (metta en pali, maitri en sanskrit), développée par la pratique de méditation appelée le metta bhavana ;
  • La compassion (karuna), née de la rencontre de la bienveillance et de la souffrance d'autrui, développée par la méditation appelée karuna bhavana ;
  • La joie sympathique (mudita), qui consiste à se réjouir du bonheur d'autrui (mudita bhavana) ;
  • L'équanimité (uppekka, upeksa) ou tranquillité, qui va au-delà de la compassion et de la joie sympathique est un état de paix face à toute circonstance, heureuse, triste ou indifférente (uppekka bhavana).

Voir de manière générale samatha bhavana, l'ensemble des pratiques méditatives.

L'éveil (bodhi)

Pour les theravadins, l'éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre vérités (il s'agit de se réveiller du cauchemar à répétition des renaissances successives) et de faire jaillir la vérité. Pour les adeptes du Mahayana en revanche, l'éveil a plus à voir avec la sagesse et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha.

L'éveil permet à l'homme d'entrer dans le nirvana, puis d'atteindre à sa mort le parinirvâna (extinction complète). Le cycle karmique est donc brisé à jamais.

Là où le bouddhisme theravada insiste sur l'extinction complète et irréversible du samsara , le mahayana laisse aux bodhisattvas la possibilité de s'y maintenir (sans toutefois produire de karma), par compassion pour les êtres vivants, qu'ils vont alors guider vers l'éveil.

La Vacuité

Dans le theravada, la vacuité est proche du concept d'anatta : le monde est vide de soi. Il existe une attention portée à la vacuité ainsi qu'une méditation vipassana, contemplation de cette vacuité.

Mais le concept de vacuité, exposé par Nagarjuna, prend un nouveau sens et fonde le Madhyamika. Le Madhyamika reconnait l'enseignement de la coproduction conditionnée, mais il considère cette roue de la vie comme vacuité. Cet auteur proclame : « Le Vainqueur a dit que la vacuité est l'évacuation complète de toutes les opinions. Quant à ceux qui croient en la vacuité, ceux-là, je les déclare incurables. »

Les trois corps (ou kayas) de Bouddha

Le Canon pali désigne trois corps de Gautama Bouddha :

  • son corps fait de quatre éléments (pali caturmahabhutikaya), soit le corps historique de Gautama.
  • le corps mental (pali manomayakaya) par lequel Gautama se rendait dans les royaumes divins
  • le corps de la doctrine (pali dhammakaya), l'ensemble des enseignements, qui demeurent un certain temps après la mort de Gautama.

Le concept prend de l'importance dans l'école Sarvastivadin. Mais il acquiert par la suite une signification fort différente.
En effet, dans le Mahâyâna, les Trois corps, manifestations d'un Bouddha, ne sont pas des entités séparées mais des expressions de l'ainsité qui sont unes.

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